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Charles Delporte 4/12/1928 - 6/11/2012

Charles Delporte est un artiste aux multiples possibilités. Il n'échappe à aucune tendance artistique et créatrice bien qu'il exprime davantage le riche contenu de sa vision dans son art pictural ou plutôt qu'il le concrétise le mieux dans la peinture. Enfin on retrouve dans son art du dessin et de sa peinture, pour ne pas oublier la sculpture, la cristallisation d'un génie prophétique, la visualisation d'un sentiment poétique, la pénétration dans le cosmos et la psychanalyse.

Delporte dispose en somme d'un grand, large et profond registre auquel il noue son expérience spirituelle à une approximation poétique de la vie et de l'être. On découvre dans sont art plusieurs valeurs, sondages, impressions et forces évocatrices. On ne peut oublier que Delporte est aussi un poète, un récitant, un chanteur, un artiste qui donne à la ligne, la forme, la couleur et le volume un plus grand rayonnement en tant que plasticien qui s'astreint à la conception de sa propre discipline.

Chez Delporte, la question est d'assimiler un code déterminé et symbolique où le cosmos et la parapsychologie relèvent d'éléments utiles. Chez cet artiste, émane, en première instance, l'inspiration d'où prend naissance une animation qui décèle une riche fermentation de sa visison sentimentale dans uen pure diction avec l'effort d'un plasticien que l'on repère dans son oeuvre.

L'art de Delporte est un art universel parce que l'arsenal des formes utilisées ne se réfère à aucun style déterminé où à une école parce que chaque spectateur peut conformer ses propres conceptions mentales et valeurs sentimentales aux formes et symboles de l'artiste parce que de sont art naît une force rayonnante. Tout commentaire semble superflu pour affronter la puissante réceptivité personnelle de cet art construit sur le rythme, le mouvement, les structures d'éléments organiques et cosmiques.

L'univers visionnaire de son oeuvre possède une telle caractéristique qu'il n'est jamais hermétique. Delporte cependant n'est pas le constructeur du sujet banal et naturel tel qu'il est représenté dans l'art jusqu'à satiété.

Il ne se tourne jamais vers des thèmes traditionnels de la peinture ou sculpture classiques. Au contraire, dans son art, le dialogue avec les valeurs spirituelles se ressent. L'artiste aspire à l'essentiel, à l'infini du cosmos tandis qu'il se réf§re à l'humanisation du sentiment. Il met sa sensibilité au service de sa conception visionnaire et laisse percevoir que la magie est également une source d'inspiration. Delporte ouvre indubitablement dans son art un large horizon que l'on pourrait nommer conception " temps ", sans s'astreindre à une mode précise. En ce sens, c'est un alchimiste qui renouvelle sur une base de riche maturité dans son expression artisanale, le problème de rendre l'inconnu visible. Il est indubitablement l'artiste qui réalise dans son immense oeuvre ce que Paul Klee affirme: " L'artiste rend visible ce qui est invisible ".

Le créateur parvient à donner grâce à sa forte et riche impulsion une forme très personnelle. Il est l'artiste du mystère insondable de la genèse, il visualise la géophysique, rend le cosmos distinct dans son oeuvre et devient l'imagier de sa période nucléaire. Toutefois, l'apport religieux et humain ne restent certes pas à l'arrière-plan. Chaque fois, il confronte sa créativité à des valeurs éternelles et à des concepts mentaux pour les exprimer en un style personnel plein de rythme, de mouvement de croissance organique avec des formes infaillibles et intérieurs.

On ressent dans certaines oeuvres de Delporte la violence, ou plutôt la poussée émotive et une spontanéité axée sur l'achèvement. Delporte est un inspiré, un possédé pour réaliser un nouveau cycle de conception parce qu'il est marqué par le signe d'un artiste authentique pour lequel la vie et l'art se confondent en un acte de création. Nous sommes surpris par la force et la sensibilité de ses possibilité pour développer un thème sur le papier ou la toile et de la limite des volumes dans une sculpture.

Il dispose d'une grande force créatrice. Jamais il n'est banal et ne donne pas une image traditionnelle des choses mais c'est un artiste conscient de la création de l'art exigeant le renouveau, d'un combat qui apporte lui-même son propre témoignage. Des écrivains importants ont consacré des études et notices sur diverses facettes de Delporte. Une phrase de Platon convient à son art : "La Beauté est devenue visible par l'amour et le génie de la matière".

Il aura fallu plus d'un demi siècle d'opiniâtreté, d'une coursante volonté et la preuve d'un talent hors du commun pour que l'art de Delporte brise les réticences les plus obtuse. Ainsi que le soulignait Pierre Mazars : "Delporte à crée une nouvelle forme de fantastique sui mérite incontestablement l'épithète de fantastique cosmique. Delporte a imaginé, rêvé, cru voir, en tous cas inventé ces éruptions et ces cataclysmes. Ils s'avèrent parfois conformes à ce qui apparaît dans un télescope, c'est pure coïncidence. Mais coïncidence véritablement surnaturelle."

Si l'on est attentif au trois phases déterminantes de sa carrière, les périodes génétique, géophysique et nucléaire, de son oeuvre. Dans un livre de Alain Bosquet, un des critiques contemporains les plus exigeants, lui avait consacré, on peut lire une définition qui éclaire admirablement l'art du grand peintre wallon : "La respiration des grands espaces, que l'on trouve dans ses meilleurs tableaux, attire Delporte par la possibilité qu'ils lui donnent de créer des terres, des astres, des nuages, des projections de l'homme, au moyen de jeu d'ellipses, de paraboles, de sphères et de lignes tantôt languides, tantôt nerveusement enroulées autour d'elles-mêmes, c'est en virtuose qu'il compose, on a l'impression qu'il les improvise sans difficulté ni préméditation… non sans leur conférer une sorte d'allégresse musicale". Au fur et à mesure que l'oeuvre de Delporte apparaît avant tout comme le message d'un visionnaire, sans doute convient-il de préciser les affinités spontanées sur lesquelles plusieurs hommes de science se sont penchés. Le phénomène est flagrant, Delporte a une intuition prodigieuse de l'univers. Ses vues cosmiques rejoignent les théories d'Einstein liées à une approche âpre de l'humain au travers de visages pathétiques et un sentiment religieux qui confine au mysticisme. Dans sa fougue et sa ferveur, Delporte est un artiste qui affirme ses conceptions de l'énergie vitale liée à l'espoir en un avenir meilleur. Le physicien français René-Louis Vallée a été frappé de la similitude et la véracité instinctive des visions de Delporte qui rejoignent ses propres théories dans l'optique des recherches nucléaires. René Huyghe, de l'Académie Française, insistait sur l'émotion qu'il éprouve "à voir converger les tâtonnements du philosophe cernant ce qu'il pressent et les évidences de l'artiste manifestant par la création, en une vision, les mêmes vérités secrètes".

Dans ses curiosités biologiques qu'il a voulu traduire en termes plastiques, il y a de l'alchimiste. Non guère celui des métaux. Plus exactement de l'homme se transmutant à travers son oeuvre elle-même. Il convient de le connaître, bien le connaître, pour le juger équitablement. Une telle force de la nature doit être acceptée elle quelle. Georges-Marie Matthijs avec une belle acuité de vision écrivait : "Enthousiaste et poète (ô Rimbaud) voyant et chercheur, insatisfait autant qu'inquiet, Charles Delporte donne au surréalisme son univers propre, dont la caractéristique pourrait être "repos ailleurs".

Parfois, il arrive qu'il traite la couleur avec une telle sensualité qu'il la manie directement avec les doigts, considérant qu'un pinceau ou un couteau troublerait la communion qu'il se sent avec elle. Delporte avec une sorte de vertige, passe du religieux au génétique. L'ensemble de son oeuvre a toujours été plus avant dans le mystère. Il a toujours été considéré par les critiques comme un personnage, un cas, un phénomène. Rien n'est plus exact vis-à-vis d'un bâtisseur de la démesure.

Pierre Mazars s'en est expliqué : "L'essentiel, c'est que Delporte ne sera jamais mieux compris que dans un monde plus attentif et soumis que le nôtre à la technique. D'abord parce qu'il s'inspire des réalisations scientifiques les plus sophistiquées. Il est un des rares, avec Vasarely, mais avec une écriture très différente, à rechercher des équivalences entre la biologie, l'astronomie et les formes plsatiques. Et aussi parce que la terre ne lui suffit pas; on l'imagine peignant à bord de vaisseaux spacieux car la galaxie est son territoire. Fasciné par les explosions, il pourrait être terrifiant mais il apprivoise les querelles entre les planètes. Il est impossible à juger ou mieux à classer car le monde qu'il a cru voir, comme disait Victor Hugo, nous le connaissons à peine".

Raymond Cogniat n'hésitait guère à préciser : "Delporte est lui-même une force vitale et la plus claire incarnation de ses idées. C'est en partant de lui que l'on peut aller vers ce qu'il crée si l'on veut en déchiffrer le sens. Sa chaleur est immédiate, donc communicative. Comment et pourquoi se refuser à son rayonnement? C'est à la lueur de ce foyer qu'il faut regarder ce qu'il fait, sans pouvoir préciser si cette création vit de cette ardeur qu'elle reçoit ou si, au contraire, c'est elle qui la dispense". Manifestement, Cogniat fait allusion à la spiritualité de Delporte, proche de Paul Claudel, lorsqu'il énonce: "Il s'agit de monter, de monter comme un arbre monte, par l'usage de nos propres forces".

L'éminent physicien Jean E. Charon écrivait au peintre : "Il est frappant de voir comment votre 'chemin de l'Univers' se rapproche effectivement des schémas que je donne moi-même dans 'l'Esprit cet inconnu'. Cette analogie entre nos deux langages symboliques se précise encore quand je m'efforce de donner une représentation géométrique de l'Univers cosmique avec les sphérules porteuses d'Esprit flottant au-dessus de l'océan qu'est l'Espace-temps de la matière".

Charron parle de géométrie. Il serait intéressant de tenter de cerner l'optique qu'à Delporte de l'architecture de l'Univers. Une sculpture comme 'le temps d'Einstein', par exemple, nous montre une multitude de formes circulaires qui s'emboîtent avec cette caractéristique omniprésente des sphères et des tracés avoines ou spiralés. Or on sait que l'Univers aussi loin que nous puissions plonger actuellement, est peuplé de spirales. La spirale est la forme typique des unités cosmiques à grande échelle. Des savants ont comparé l'Univers à un gaz dont les molécules seraient les spirales. De surcroît les sphères apparentes dans les tableaux ou les sculptures de Delporte se rapprochent des ondes. Or, des ondes gravitationnelles ont été mises en évidence, ce qui prouve que les vues d'Einstein étaient parfaitement prémonitoires. En effet, des observateurs ont découvert en examinant un astre fort lointain qu'il existait un phénomène optique auguré par la théorie de la relativité. Einstein porta son attention non pas sur le centre matériel, supposé attractif, mais sur le champ gravitationnel qu'il engendre autour de lui. Ce qui rejoint les projections d'un Delporte de rythmes circulaires dans l'espace.

Delporte fut toujours un amoureux fou de poésie. Nous gardons précieusement en mémoire l'exposition qu'il fit à Thy-le-Château : "Hommage à vingt-six poètes belges". La fougue , voire la frénésie de Delporte, l'accumulation d'images qu'à provoquée une lecture attentive de vingt-six poètes belges étaient à la vase de ce renouveau d'inspiration dans son oeuvre. Parmi les poètes illustrés par ces vingt-six créations, retenons Henri Michaux, Marcel Thiry, Robert Goffin, Norge, Albert Ayguesparse, Edmond Vandercammen, Achille Chavée, Ernest Moerman, Marc Danval, Carlos de Radzitzky, Marc Rombaut, Marcel Lecomte, Jean-Marie Charlier, etc… A l'inverse des artistes dont l'oeuvre mûrit dans le silence et surgit après lentes gestations, Charles Delporte aime s'agiter, déplacer de l'air, aller à la rencontre de sa clientèle et du succès. Il ne tolère pas de temps creux au cimaises des galeries ou des châteaux, en Belgique ou à l'étranger. Il expose à répétition en se moquant des consécrations qui lui viendraient des milieux officiels. Quand il ne se fait pas photographier avec Marie Laforêt, il décore une chapelle, revient de Tokyo, s'agenouille devant Paul VI, accorde une interview à Claude Delacroix, soigne ses catalogues, met la dernière main à un montage audiovisuel, suscite à la parution d'un album en se dénichant un préfacier de renom (René Huyghe ou Alain Bosquet), ou fait un don au cabinet des Estampes. Quand on croit devoir le mettre en garde contre le matraquage affairiste qui déclenche bien des jalousies, ce diable d'homme à trois réponses toujours prêtes : " 1) Dali et Picasso n'ont jamais agi autrement - 2) Je n'arrête pas de créer, c'est ma raison de vivre - 3) Je n'ai pas de temps à perdre, je crois que je mourrai jeune! ". Très heureusement, ce ne fut pas le cas. Delporte en 2006 est âgé de septante-huit ans. Cet homme étonnant garde précieusement en lui le goût du bonheur. N'a-t-il pas dit : " Un tableau ne trouve sa place que dans un intérieur qui a une âme. Ma tâche est de donner le bonheur ". Si je l'ai atteinte, j'ai rempli mon rôle d'artiste et d'homme. Si je le pouvais, je ne vendrais jamais mes tableaux. Je suis parfois terriblement 'vidé' après avoir peint. C'est que je m'y donne. J'en possède deux cents. Trois cents se trouvent dans des musées en Belgique et à l'étranger. Il doit bien y avoir un millier d'oeuvres de moi qui circulent dans le monde entier ".

Ses thèmes sont multiples. Le cosmos, l'homme et la femme, la faune et la flore. " Il a vu et peint des navires échoués comme les cathédrales englouties au fond des océans ", écrit le professeur Kluyskens dans " Delporte ", " des esprits et figures papillonnant dans le cosmos ou enlacés en longues sarabandes sur un croissant de lune, des univers aux habitants étrangers comme des dieux de lumière, des danses rythmiques d'êtres qui accouplent l'homme, les fleurs, les poissons, en une même ondulation picturale, des formes féminines d'une intense sexualité, des forêt vierges ou se profilent d'étranges silhouettes humaines ".

Delporte a très souvent - on peut dire jusqu'à l'obsession - recours à l'ovale ou au cercle, c'est-à-dire à l'oeuf ou à la sphère, formes idéales de sa gestation et accomplissements géométriques sans accidents; volumes fermés sur eux-mêmes et protégeant leur contenu. Sur cette pureté infaillible et abstraite naissent des germinations, reliefs plus complexes issus de la matière, donc des couleurs et de leurs combinaisons.

Deporte semble vivre un rêve éveillé, donc lucide, qui n'est pas sans rappeler certaines démarches poétiques ou scientifiques, qui finissent inévitablement par se rejoindre. A cet égard, Bachelard disait à propos d'Audiberti : " il est absolument nécessaire que les poètes animent dans le bon sens la lourde réalité ". Jacques Audiberti, de son côté aimait à penser que " Hugo, Racine, Baudelaire, Péguy entretiennent et alimentent, littéralement par voies mystérieuses, la force du vent, l'éclat des étoiles, la vigueur du blé ". De telles réminiscences font partie intégrante de l'univers de Delporte. Les visions du peintre en arrivent donc à influencer les rêves des hommes ou la sensibilité onirique des poètes.

Delporte, comme le rapporte un de ses biographes, Waldémar Georges, " est loin d'être un théoricien épris d'idées abstraites. C'est un être dont la science est un fia savoir ou un divination ". En fait, pour lui, la véritable science est celle qui devine, voire qui imagine. C'est celle de Kepler, qui ne déduit ni n'induit, mais bondit sur d'instinctives représentations. C'est celle de Diderot qui ne fait que justifier un pressentiment qui a le caractère de l'affirmation ". La conception qu'il se fait de l'Univers se retrouve à travers le langage onirique qui lui est propre.

L'écrivain d'art Gaston Dielh a consacré son existence à l'étude de la vie des grands peintres tels que Modigliani, Soutine, Derain, Pascin, Van Dongen, Picasso, Miro, Marx Ernst et Vasarely. Dans un texte important axé sur les sculptures de Delporte, il précise notamment : " Ne sommes-nous pas, avec Delporte, en présence d'un cas suffisamment exceptionnel qui le distingue sans peine du reste, par son inextinguible besoin, apparu de très bonne heure, de communiquer avec autrui de toutes les manières possibles et dans tous les domaines, aussi par cet élan puissant qui le soulève et le détermine dans la plus complète indépendance? Ce flux dispensateur et généreux qui déborde en lui, qui l'entraîne, avec quelle fougue instantanée, atteint certainement en sculpture son niveau le plus évident, son aspect le plus parlant ".

Sans doute la modération persuasive du langage de Charles Delporte trouve-t-elle plus d'échos dans les esprits et dans les coeurs que ne trouverait de résonance toute autre voie. Les uns entendront le chant de la Muse. D'autres, rebelles, resteront sourds à sa voix. Ceux là veilleront jalousement à ce qu'aucune lumière ne pénètre l'obscurité de leur nuit. Si la lueur persiste, si ses reflets, portés par les ondes, continuent à leur parvenir, ils déterreront la hache de guerre. Mais aucune hache n'a jamais coupé le chant du poète. Ainsi, clair et serain , le chant de Charles Delporte continue son ascension. En se laissant fasciner par l'Infini, - cet immense point d'interrogation qui le foudroyait en même temps qu'il l'attirait, - ne créait-il pas les conditions de son propre climat, tout pénétré des bouleversantes découvertes de la seconde moitié de notre siècle? N'a-t-il pas marché en quelque sorte sur les traces de Van Gogh qui, comme il l'écrivait lui-même à son frère Théo, voulait " prendre le train à Rouen pour aller dans une étoile " ? Je crois qu'on ne pourrait mieux qualifier l'oeuvre de Delporte qu'en empruntant au philosophe flamand Edgard De Bruyne cette formule : " La structure totale de l'homme trouve son expression dans la structure totale de l'oeuvre. Il n'est rien dans la forme qui ne soit l'expression symbolique de ce qui est dans l'âme ".

Bergson ne disait-il pas que l'univers est une machine à faire des dieux? De toute évidence, il existe une filiation entre l'univers de Rimbaud et celui de Delporte. De celui qui de seize à dix-neuf ans a traversé la littérature française, laissant la poésie à tout jamais stigmatisée de son passage. Paul Valéry disait : " Il a inventé ou découvert la puissance de l'incohérence harmonique ". Cette réflexion à été la base, notamment, du travail digital dont on a pu voir jadis à Charleville une série d'oeuvres inspirées par " Une saison en enfer " et les " Les Illuminations ". Etrange est, en vérité, la destinée de Charles Delporte qui s'est fait tout seul, contre vents et marées, établissant impérieusement sa légende, oeuvrant à l'atelier comme dans sa propre ambassade, confiant aux musées des continents des tableaux et des sculptures qui sont comme les rayons du feu qu'il n'a de cesse d'offrir en partage.

Deporte a toujours fait plus que séduire. Il marque notre souvenir du grand soleil de la fascination. Eugène Ionesco disait : " Le moi de chacun est le reflet du monde ". Un journaliste a un jour demandé au peintre :

- Êtes-vous un artiste heureux?

- Oui, lorsque je travaille. Non, lorsque je mesure le chemin parcouru. Il faut toujours se remettre en question, toujours souffrir de doute… Seuls les inconscients sont heureux.

L'oeuvre de Delporte, dans son ensemble, peut être considéré comme un chant profond dont l'unité est en fait la quête d'une insaisissable éternité.

 

Marc Danval